TOUS en ASSEMBLEE GENERALE le JEUDI 18 SEPTEMBRE 2014

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Il est temps de passer à l’action :

TOUS en ASSEMBLEE GENERALE

Le JEUDI 18 SEPTEMBRE 2014

 

L'Aménagement des Rythmes Scolaires (ARE pour la Mairie de Paris) s'est fait dans la précipitation, ce qui s'est traduit par une dégradation des conditions de travail de l'ensemble des personnels d'animation (REV, DPA, RPA et animateurs) qui ont porté sur leurs seules épaules le poids de cette entreprise. Malgré cette première année d'expérimentation ou d'ébauche, la situation reste très préoccupante non seulement pour les agents mais également pour les enfants.

Pour rappel, la réforme des rythmes scolaires vise à permettre "une meilleure articulation des temps scolaires, péri et extrascolaires : les élèves pourront accéder à des activités culturelles, artistiques et sportives. Les activités péri et extrascolaires doivent être pensées en articulation avec le projet éducatif territorial qui lui-même relève d'une démarche partenariale (Services d'Etat concernés et acteurs éducatifs locaux) afin de soutenir des actions correspondant à des besoins identifiés sur chaque territoire."

Ainsi, des échanges entre les différents partenaires doivent avoir lieu pour « organiser des activités éducatives et assurer l'articulation de leurs interventions sur l'ensemble des temps de vie des enfants dans un souci de cohérence, de qualité et de continuité ».

Le projet éducatif territorial prend en compte l'offre péri et extrascolaire qui peuvent exister dans les collectivités. A la Ville de Paris, le projet d'aménagement des "rythmes éducatifs", s'appuie sur les personnels d'animation, les ressources municipales (Conservatoires, bibliothèques, établissement sportifs) et mobilise le "mouvement associatif" (60 % en élémentaire, 10 % en maternelle pour l’année scolaire 2014/2015) sous prétexte de procurer un "large éventail" d'activités favorisant "l'épanouissement des enfants, le développement de leur curiosité intellectuelle et renforcer leur plaisir d'apprendre et d'être à l'école afin de contribuer à mettre en place les conditions de sa réussite scolaire ».
Tout ceci pour donner une nouvelle cohérence à sa journée.
Les textes de cette réforme laissent deviner son caractère de grande ampleur. La Mairie de Paris en a saisi l'opportunité car, dès 2013, nous avons vu la création d'une catégorie B de terrain dans la filière d'animation, qui se veut être, nous dit-elle, en homologie avec celle de la Fonction Publique Territoriale.
Ce que la CGT a toujours revendiqué auprès des Elus.

Elle s'est ainsi dotée d'un corps d'animateurs qui a assuré dans une large mesure le succès et la pérennité de l'aménagement de la réforme durant la première année de son application et continuera tout au long de la prochaine année scolaire 2014/2015.

Cela reste néanmoins insuffisant car la filière d'animation, telle qu'elle existe à la Ville, ne répond que partiellement aux exigences pédagogiques et professionnelles que présuppose la réforme nationale des rythmes scolaires.

Nous sommes toujours dans l'attente d'une politique ambitieuse et globale de l'animation dans les services péri et extrascolaires. Pour cela, elle doit opérer un renversement radical de sa vision de l'animation.

Les élu(e)s successif (ve)s n'ont jamais voulu prendre en compte l'importance de l'animation. Ils ou elles ont toujours considéré que l’animation n’était pas un métier que nous pouvions exercer durant une carrière entière. Pour certains, « une corde à sauter pour les filles et un ballon pour les garçons » suffisaient, alors, amplement pour les activités du péri et extra-scolaire. La Mairie de Paris pour ses appels d’offre de recrutement a toujours donné du métier une vision de « job » d’appoint. Pour nous, cela s’apparente à un mépris sans vergogne non seulement de notre métier et des personnes mais aussi du public auquel il s'adresse. Nous ne pouvons que leur conseiller de faire preuve d'audace, que diable ! 

La réforme s'est mis progressivement en place et pose des problèmes inédits. C'est une situation nouvelle. Elle s'est faite dans la difficulté : les parents, s'estimant mal informés, font part de leur inquiétude, les responsables Educatifs Ville se retrouvent à devoir arbitrer des situations qui peuvent se révéler explosives. Les animateurs, perçus comme insuffisamment formés, font les frais de la discorde et des tensions qui n’ont pas cessé d'exister.

Il apparaît, là encore, que le pouvoir politique n'a pas pris la mesure de l'importance du métier de l'animation et du rôle de l'animateur au sein de la communauté éducative.
Nous continuons à ne pas exister au sein des Audits ou des CHS (Commission Hygiène et Sécurité) qu’organise la Ville de Paris. 

Pourtant la CGT Animateurs a toujours anticipé le besoin d'une consolidation du métier en prévision de l'émergence d'une transformation du système éducatif.
Les animateurs ont des missions éducatives et culturelles.

La politique de la Ville de Paris concernant les temps péri et extrascolaire a toujours ressemblé, jusqu'à présent, à un vaste bricolage et saupoudrage de mesures qui permettent des réajustements constants de manière à "être au plus près du terrain" (bel euphémisme !), tant au niveau des ressources humaines que budgétaires.

La Ville de Paris a pris un retard considérable dans sa volonté à ne pas suivre une ligne de conduite tendant vers une professionnalisation de l'animation en la considérant comme un champ de déprécarisation et d'intégration sociale sans réelle formation diplômante.

La consolidation du métier et celle de la filière passe par un plan de formation cohérent en adéquation avec les enjeux de cette réforme. Le pouvoir politique de la ville doit se poser la question de la formation diplômante à accorder aux animateurs: BPJEPS, DEJEPS ou DESJEPS, diplômes professionnels du Ministère de la Jeunesse, de l'Education et des Sports ou le diplôme universitaire DUT Carrières sociales option animation socioculturelle en place des sempiternels BAFA ou BAFD qui sont destinés « à permettre d’encadrer à titre non professionnel, de façon occasionnelle, des enfants » (Décret Jeunesse et Sport d’Août 1987).

Comme nous l'avons toujours pensé, à la CGT Animateurs, nos missions doivent reposer sur des diplômes que l'institution s'est toujours refusé à lui accorder.

Son statut doit être renforcé. C'est, là, l'unique façon d'être en mesure de contrecarrer le déni professionnel.
La vacation et maintenant la contractualisation (à 70%, 50% ou 25%) dont la Ville a eu recours, a trouvé ses limites face aux enjeux de ces nouveaux temps éducatifs.

De cette logique de recrutement et de cette fragmentation du travail sur les différents services, il résulte pour les animateurs une situation professionnelle dégradée et souvent incohérente, aux statuts encore trop éclatés où la précarité domine, engendrant instabilité et déqualification.

Ce n'est pas le corps des animateurs qui est en cause mais bien, nous le répétons, la logique de son recrutement, ses conditions de travail et les moyens dont il dispose. Il en va de la valeur et du respect accordés à l'animation dans son ensemble.

Les activités périscolaires doivent "favoriser le développement personnel de l'enfant, de sa sensibilité et de ses aptitudes intellectuelles et physiques, son épanouissement et son implication dans la vie en collectivité.
Elles ne doivent pas se limiter à des activités dites d'éveil, mais prendre en compte l'enfant dans toutes ses dimensions et dans son environnement. Elles doivent rechercher la cohérence et la complémentarité entres elles avec le projet d'école."

Vaste programme qui devrait pousser la Mairie de Paris à revoir sa copie concernant sa politique éducative et un plan de formation adéquat. Nous pouvons rappeler un précédent qu'elle s'était autorisé lors de l'application du plan Paris-Lecture. Pour ce faire, il n'y a qu'à se plonger dans la lecture de la lettre de démission de M. Baratault, Inspecteur de l'Education Nationale, alors chargé de la Direction Pédagogique du dispositif. La position de la Ville reste la même concernant la réforme : une simple gestion administrative.

Elle devra déployer une grande ingéniosité (une volonté ?), pour rassembler tous les acteurs de la communauté éducative et ainsi reconnaître l'animation comme étant partie prenante de l'ensemble du système éducatif.

L'institution est censée créer le lien entre les différents partenaires mais s'en donne-t-elle les moyens ? Il n'y a semble-t-il que juxtaposition sans réelle continuité entre les acteurs, les activités et les temps.

Cette refondation des rythmes n'est-elle pas l'occasion de repenser les liens entre le monde enseignant et le monde de l'animation sans pour autant raviver cette vieille querelle concurrentielle ?

La qualité des animations, les compétences des animateurs à s'inscrire dans un tel dispositif, la sécurité des enfants se fondent sur des formations ambitieuses très éloignées de celles que propose la Ville de Paris, nous ne cesserons jamais de le répéter.

En lieu et place de ces formations ambitieuses, chères aux yeux de la CGT Animateurs, la politique de recrutement de la Ville de Paris continue à engendrer instabilité et absence de fidélisation.

La Ville de Paris se contente d’organiser le fonctionnement du périscolaire mais est loin de reconnaître les compétences des animateurs dans leur pluralité. Des animateurs officient quotidiennement sur les écoles et s'il y a quelques succès, et non pas des moindres, rencontrés dans cette réforme, elle les doit à tous ceux qui l'ont assuré auprès des enfants. Certains ont su gagner l'estime voire l'admiration de certains enseignants et des familles.

Tous les animateurs, quel que soient leurs fonctions, se sont impliqués personnellement ce qui a été un élément déterminant de la réussite de l’ARE. 

Alors, Mesdames et Messieurs les élu(e)s, soyez inspiré(e)s pour affronter l'ampleur des enjeux et les exigences de de cette réforme. A une réforme ambitieuse ne peut que correspondre un statut solide pour les animateurs en relation directe avec le terrain.

La CGT Animateurs a toujours été attachée au Service Public et la qualité de celui-ci dépend uniquement d'une professionnalisation par voie de concours (De la catégorie C à la catégorie A).

Le renforcement du statut des animateurs et son corollaire, la formation, sont les conditions premières pour légitimer, auprès des partenaires directs (enseignants et parents), la nécessité d'une concertation censée exister entre les deux principaux corps éducatifs. Ce projet de transformation des rythmes scolaires ou refondation de l'école ne pourra se faire sans un échange, sans un travail étroit entre les enseignants et les animateurs voire les parents. A ce jour, il n’existe pas de vision éducative partagée entre les principaux partenaires, le scolaire et le péri et extra-scolaire ? Cette vision éducative échappe-t-elle à l'institution ou l'aborde-t-elle avec uniquement le paramètre du coût ?

Nous voulons croire que la mise en place précipitée de cette réforme a amené la collectivité à sauter l'étape cruciale d'un échange réel entre les acteurs. Mais elle est lancée pour une deuxième année et il est urgent que ces temps de concertation mutuelle aient lieu et ceux-ci régulièrement.

Si l'ambition de cette réforme est de "vouloir inscrire l'enfant dans une temporalité de travail plus harmonieuse", il faut se poser la question du sens à donner aux différents apprentissages délivrés aux enfants.
Les ateliers ne peuvent être perçus comme de simples temps de garderie supplémentaires mais doivent s'inscrire dans cette vision éducative commune. Actuellement, on ne peut que constater la difficulté à établir des rapports directs entre les partenaires (sinon sur le partage des locaux), à s'emparer de moments communs pour consacrer du temps à une réflexion permettant de construire une équipe éducative soudée. Il y a, là encore, une réelle absence de volonté politique.

Nous revenons toujours aux préjugés accumulés à l'encontre de l'animation : « un monde sans projet, non formé, négligeant, volatile, disparate » en regard au monde enseignant.
Cela est bien sûr sans fondement. Mais on peut se poser la question : l'institution soutient-elle réellement ses agents dans sa déplorable tendance à ménager les susceptibilités des uns et des autres.

Ainsi elle cloisonne les différents partenaires et les isole. Il ne peut en résulter que des tensions. Mais alors, quelle est le sens de cette harmonisation des " temps de vie de l'enfant  " voulue par le décret sous-tendant cette réforme ? L'aboutissement de ce projet et les efforts consentis par les équipes d'animation seront vains et nous serions à même de nous poser la question sur l'objectif caché de cette réforme.

La Ville de Paris, en accordant une évolution favorable aux attentes professionnelles des animateurs, franchirait un palier déterminant pour convaincre l'ensemble de la communauté éducative. Car cela ne fait aucun doute, les compétences, l'engagement et les missions des animateurs sont essentielles à la réussite de ce projet de grande ampleur.
Le péri et l'extra-scolaire sont à même de promouvoir une richesse indubitable à la question éducative dans son sens large. L'institution doit s'en donner les moyens par-delà toutes les préoccupations politiques et économiques.

Ce bilan établi, face aux menaces qui se précisent quant aux statuts, aux conditions de travail, au manque de création de postes budgétaires attractifs, aux salaires dérisoires, aux dérives administratives et l’émergence brutale du monde associatif, il est impératif de créer un mouvement de grande ampleur sur la base d’une plate-forme revendicative claire et précise qui mobilise l’ensemble des personnels d’animation.

Pour rendre cette action efficace, la CGT Animateurs cherchera l’unité syndicale la plus large. Nous ne voulons pas de luttes catégorielles mais une consolidation de la filière d’animation ce qui nécessite de prendre en compte la totalité des revendications des personnels de terrain. A l’instar du dernier mouvement revendicatif du 12 novembre, nous devons renforcer notre détermination à défendre un métier et maintenir une pression unitaire.

Ce qui est décisif dans l’immédiat, c’est de pouvoir nous réunir en Assemblée Générale pour faire aboutir nos revendications dans le cadre de la filière d’animation et apporter des améliorations à l’aménagement des rythmes éducatifs.
Forts et mobilisés, nous pourrions décider d’un mouvement de grève.

 

Nos revendications :

- Titularisations importantes et contractualisations à 100% pour tous ceux ou celles qui occupent des emplois permanents. La vacation nuit considérablement à la consolidation de la Filière d’Animation et à la création de postes budgétaires. La loi précise qu’un vacataire ne peut pas rester de manière durable dans un emploi permanent.

- Un plan de formation ambitieux avec des diplômes d’Etat : diplômes professionnels BPJEPS, DEJEPS ou DESJEPS et diplômes universitaires DUT Carrières Sociales option animation socioculturelle.

- Un Responsable Educatif Ville par école. La fonction de DPA doit disparaître au profit de concours, au poste de REV. A travail égal salaire égal : en attente de concours, un DPA doit obtenir un salaire similaire au REV.

- Reconnaissance des temps de préparation payés en heures supplémentaires ou en journées de repos compensateur : 2 fois 1h30 de 13h30 à 15h30 les mardis et vendredis.

- Refus des missions d’hygiène corporelles. Cette obligation est illicite pour des raisons de sécurité, de dignité des enfants et de respect du statut des animateurs (d’où la nécessité d’un personnel identifié et qualifié).

- Non à l’implantation massive des associations qui s’exerce au détriment de notre métier et du corps des animateurs.

- Une IAT 2 minimum à 100 euros net.

- Prime d’exercice de missions à 120 euros net.

- Revalorisation des primes des REV.

- Revalorisation de la prime de fonction des responsables d’espace lecture (BCD, EPL). La CGT des Animateurs revendique toujours leur intégration dans la catégorie B au regard du contenu de leurs missions.

- Ratios des promus / promouvables à 100% (Carrière linéaire).

- Meilleure visibilité et accès des préparations aux concours pour tous.

Les personnels d’animation ont l’occasion avec la CGT animateurs de préparer les conditions d’un mouvement de grande envergure avec les autres organisations syndicales. La plateforme revendicative assurant la consolidation de la filière d’animation au vu des exigences de la réforme doit asseoir notre futur mouvement (Tous les agents, quel que soient leurs fonctions, sont concernés).

Nous n’accepterons pas l’aumône

éternellement

Nous appelons donc l’ensemble des vacataires, contractuels et titulaires à participer à une :

Assemblée Générale
Le Jeudi 18 septembre 2014

Salle Eugène VARLIN
de 14 heures à 16 heures

Bourse du Travail - 3, Rue du Château d’Eau - Paris Xème - Métro République

L’ANIMATION EST NOTRE METIER
 

 

Mis en ligne le 29 juillet 2014  |  Dernière mise a jour 29 juillet 2014