Compte rendu du Comité Technique Paritaire (CTP) de la DASCO du 25/06

Compte-rendu du CTP de la DASCO du 25/06

Le dernier C.T.P. de la Dasco pour l’année scolaire a eu lieu au mois de juin en présence de la nouvelle élue chargée des Affaires scolaires, Mme Alexandra Cordebard, et de la Directrice des Affaires scolaires Mme Hélène Mathieu.

Durant cette séance, plusieurs points à l’ordre du jour concernaient ou abordaient l’animation :

  • Point d’étape sur la mise en œuvre de l’A.R.E.
  • Bilan de formation pour 2012 et 2013
  • Bilan social 2013

Notre syndicat a exprimé plusieurs de ses attentes et de ses revendications lors de cette réunion paritaire, en voici la synthèse. N’hésitez pas à nous contacter pour nous demander des informations complémentaires.

En réunion préalable, constatant que figurait aussi à l’ordre du jour, la modification du règlement de service des P.V.P. et l’adoption de celui des personnels des cours municipaux d’adultes, nous avons demandé officiellement à la Dasco de mettre à plat ceux qui concernent l’animation.

Depuis l’A.R.E., notre temps de travail et nos missions ont changé sans que la Dasco ne se soit donnée comme priorité de proposer un nouveau règlement, à discuter avec les organisations syndicales (le dernier présenté en CTP remonte à 2002, il porte la mention «  Règlement de service des CLSH »…Il est toujours disponible sur notre site, c’est une référence mais il ne correspond plus à la législation, à nos missions ni à notre temps de travail). Aucune autre catégorie de personnel de la Dasco n’est dans cette situation.

Pire ! Sur certains créneaux, les règlements n’ont jamais existé : c’est le cas pour le soir (Garderies ou Etudes surveillées) et l’Eté. La CGT animateurs soutient  en justice une collègue qui a eu un blâme pour ne pas avoir appliqué une consigne de sa hiérarchie sur le créneau du soir... consigne  qui n’avait fait l’objet d’aucun écrit et qui prêtait de toute façon à interprétation.

Nous avons porté plainte avec l’animatrice pour excès de pouvoir contre la ville estimant qu’il était injuste de sanctionner un salarié pour non- respect d’une procédure qui n’est ni claire, ni officialisée dans un texte par l’employeur.

La ville doit prendre ses responsabilités, les animateurs sont des salariés, nous sommes dans le monde du travail, il faut un cadre règlementaire précis et identifiable par tous. Sinon c’est la porte ouverte à des consignes contradictoires ou des interprétations.

La CGT attend des propositions concrètes de la Dasco. Nous ne pouvons-nous satisfaire du statu quo.

Point d’Etape de la mise en place de l’ARE

La Dasco nous a présenté un texte de 19 pages intitulé : « la réforme des rythmes Educatifs à Paris » qui comportait 2 parties. D’abord un bilan puis « la préparation de la rentrée 2014/2015 ».

L’ensemble  du document  manquait  totalement de contenu (après un an d’ARE, on aurait pu attendre un vrai bilan détaillé du dispositif en termes de conditions de travail, de formation etc. : rien de tout cela.) et d’absence de perspectives pour l’avenir, ce qui est préoccupant. Quelques éclairages sur certains points :

Durant les débats la Dasco a insisté sur  les temps de concertation (en insistant sur la nécessité de faire dialoguer l’ensemble de la communauté éducative de chaque école) et les temps de préparation des ateliers.

La CGT a demandé que soit dégagé des temps institutionnels précis, sans quoi ce type d’objectif restera lettre morte. Nous avons fait la proposition d’un mercredi sans enfants par trimestre (à l’image  de ce qui se fait dans les crèches de la ville) ou l’ensemble des personnels de l’école pourrait dialoguer, se concerter et s’organiser. Aucune réponse de l’Elue, si ce n’est d’évoquer la pré-rentrée pour solde de tout compte. C’est un peu court, la Dasco n’a-t-elle pas constaté un certain manque de disponibilité des enseignants ce jour- là ?

Concernant les temps de préparation, la CGT animateurs a revendiqué la prise en compte officielle dans nos horaires de travail les mardis et vendredis  jours d’ARE, de deux fois 1h30 soit 3 heures hebdomadaire supplémentaire  entre 13h30 et 15h00 moyennant une indemnité à définir ou des jours de repos compensateur à prendre. Oui, la préparation des ateliers est une nécessité. Non, un quart d’heure imposé (aux vacataires) n’est pas cohérent.

Rappel : tout travail mérite salaire. Nul n’est en mesure de réclamer d’un animateur salarié un travail ou une participation bénévole quelle qu’en soit la nature.  Actuellement, entre 13h30 et 15h00 les deux jours d’ARE, il s’agit de notre vie privé (c’est-à-dire la vie en dehors du temps de travail). La vie privée est un espace de liberté individuelle qui ne peut faire l’objet d’aucun chantage ni d’aucune pression.

Pour la CGT, la balle est dans le camp de la Dasco. Nous espérons, sur cette revendication, le soutien face à l’employeur des autres syndicats animateurs, silencieux sur cette question lors du CTP.

Autres sujets évoqués. Page 9 et 13 du document, concernant la rentrée 2014/2015 : « chaque intervenant est tenu de porter un badge l’identifiant » ; « distribution de badges nominatifs pour tous les intervenants ».

La CGT a estimé que ce type de demande (porter un badge ou figure votre nom et votre prénom) mettrait mal à l’aise de nombreux collègues et  demandé à l’Elue si les procédures légales précédant ce type d’exigences avaient été respectées. En l’occurrence, il faut un avis favorable de la CNIL (Conseil National Informatique et Liberté) et un avis du CHS (Comité Hygiène et Sécurité) de Direction.

Réponse : L’Elue a demandé à la Dasco de retirer cette consigne. Elle préconise  de trouver un autre système d’identification des intervenants, par exemple avec des couleurs ( ?!)...

Page 9 du document : « Rappel aux agents de la Ville présents dans les écoles des consignes de sécurité à observer lors des entrées et des sorties des enfants ».

La CGT a donc demandé la rédaction d’un règlement de service et aussi rappelé qu’il existait à la Dasco un livret synthétisant les consignes de sécurité à l’intention des animateurs.  Ce livret avait une véritable utilité, il était remis à chaque animateur  en début d’année lors de la pré-rentrée, on disposait ainsi d’un support papier commun et chacun pouvait s’y  référer. Nous avons demandé à la Dasco sa mise à jour et sa réactivation sur Paris (c’est aujourd’hui un –collector-, il n’est plus édité depuis 1996) : c’est un outil qui devrait être à disposition de chaque animateur.

Page 10, il est évoqué « une évaluation globale indépendante menée par un organisme constitué de chercheurs et de spécialistes de l’évaluation des politiques éducatives publiques ( ?! Rappel : il existe en France des universitaires, des chercheurs et des cadres supérieurs de l’animation. Il pourrait parfois être pertinent de faire appel à eux pour effectuer des diagnostics...) : ICC (Inter Consultants Chercheurs) ». ICC a fait de novembre 2013 à juin 2014 une «  étude qualitative réalisée sur 18 écoles maternelles, élémentaires et polyvalentes, complétée par un volet quantitatif (questionnaire REV/ Directeur d’école-en cours). ».

Nous avons été plusieurs syndicats à s’étonner de ne pas avoir été consulté pour avis. Pour l’instant, concernant les maternelles, nous prenons acte de la recommandation en page 15 : « Pas de réveil de la sieste pour les petits dès lors que les enfants ne sont pas réveillés pendant le temps scolaire »… c’est un peu juste. L’Elue, Mme Cordebard, s’est engagé à rendre public le rapport une fois terminé. La CGT attend avec impatience.

Dernier point. En Maternelle, pour la rentrée 2014 en ce qui concerne l’organisation de l’ARE, la Dasco souhaite « une recherche de transition harmonisée : rituel de passation avec l’enseignant. ». Nous avons demandé à l’Elue si l’encens serait fourni aux équipes… Plus sérieusement, évoquons la citation du dialoguiste Jacques Audiard : « C’est curieux parfois ce besoin chez les gens de faire des phrases ».

Bilan de formation pour 2012 et 2013

« Ainsi, la direction a eu recours à 260 formateurs, issus pour la plupart de la direction des affaires solaires »

« Le coût stagiaire dans le secteur de l’animation est passé de 114 euros en 2012 à 83 euros en 2013 soit une baisse de 27%. »

« BPJEPS en VAE (validation d’acquis d’expérience) : le coût est de 700 euros par agent (...)  Faute d’avis de recevabilité reçu en 2013, aucun accompagnement n’a été programmé. »

Ces quelques citations issues du document qui nous a été fournis vous éclairent sur son contenu. Si on tient compte du bouleversement  professionnel que les animateurs ont subis cette année, la CGT aurait attendu des perspectives de formation professionnelle ayant du contenu, un souffle, de l’ambition.

Un peu d’ironie ! Dans le cadre de l’ARE, vous ajoutez 700 animateurs « sensibilisés » en centres ressources par un jour ou deux de formation, plus quelques stagiaires à Paris-Lecture à 300 stagiaires BAFA sur un total de 5 000 animateurs qui interviennent sur l’ARE. Vous avez, là, une politique de formation des animateurs façon Ville de Paris. Aucune perspective d’avenir. C’est ça la « refondation de l’Ecole » ?

La CGT a trouvé déplorable l’absence de formations professionnelles proposées comme le manque de visibilité pour les préparations au concours et examen professionnel (Il faut un accès démocratique aux préparations. Chacun doit pouvoir s’inscrire dans les mêmes conditions. L’accès à la Direction pour un animateur ne passera plus jamais par une nomination au seul bon vouloir des circonscriptions. Ce temps est désormais révolu, la CGT s’en félicite). Aussi la dérive administrative programmé du métier de REV à qui on a proposé comme formations principales au titre de l’ARE : « Facil’familles : inscription aux activités ARE » ; « Eudonet : inscription aux activités ARE » et un timide et plus marginal : « communication et accompagnement des équipes ».

Pour la CGT, le centre de gravité du métier de REV doit rester l’enfant, les projets, l’équipe. Non pas se prendre des ampoules aux yeux à passer son temps devant des écrans d’ordinateur.  

Par ailleurs nous sommes intervenus pour dire que nous n’étions pas opposé dans l’animation à l’intégration de jeunes des quartiers populaires ou de public en difficulté mais il faut alors des tuteurs, des formations avec un suivi. L’animation peut être un champ d’intégration sociale mais l’institution doit les former, sans quoi on aboutit à faire travailler des agents surement pas en capacité d’affronter la complexité des situations et non porteurs de valeurs éducatives. Un métier ne peut se fonder sur la seule volonté suffisante d’une déprécarisation ou d’une intégration sociale mais sur une véritable professionnalisation.

La Directrice des Affaires scolaires, Mme Hélène Mathieu, nous dira qu’elle trouve normal qu’en l’état ce document « nous déprime ». Mais qu’elle va bientôt nous proposer du contenu et du concret. La CGT attend du concret.

Bilan social 2013

La CGT est intervenue pour faire remarquer que la Dasco se complaît encore dans une logique de vacation (personnels dit « occasionnels et saisonniers » qui se retrouvent sur des permanences d’emploi et qui sont  une variable d’ajustement, corvéables et jetables selon les besoins et la politique de la ville). C’est inacceptable. Nous demandons des postes au concours, de véritables contrats et une perspective de carrière pour ceux qui entrent dans le métier.

La CGT est en attente d’arbitrages. 

 

Mis en ligne le 25 août 2014  |  Dernière mise a jour 25 août 2014