Audience avec Mme Alexandra CORDEBART

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Une raison suffisante 

pour se mettre en grève

Le vendredi 14 novembre 2014

 

Le jeudi 2 octobre 2014, la CGT des Animateurs a  été reçue, suite à notre demande, par Mme Alexandra CORDEBART, adjointe au Maire chargée des affaires scolaires, de la réussite éducative et des rythmes éducatifs.

Cette audience portait notamment sur la rentrée scolaire, les futures titularisations et contractualisations, la mise en place d’un REV par école, la reconnaissance des spécificités des animateurs, les formations diplômantes, l’évolution de la filière d’animation, les temps de préparation et la question de l’hygiène corporelle accordée à l’enfant en maternelle.

Nous ne nous félicitons pas de cette rentrée scolaire contrairement à Mme Alexandra CORDEBART. Nos observations faites sur le terrain démentent ces allégations.

Les dysfonctionnements s’accumulent en raison de la politique de la Ville qui a une vision de l’animation uniquement comptable : suppression de postes, gestion incohérente des personnels, absence de formation adéquate, manque de concertation entre les différents partenaires, cadres règlementaires aléatoires, non prise en compte des enjeux de la réforme pour ne citer que les plus importants. Pour la CGT Animateurs, l’application de la réforme ne peut être réduite à une simple gestion administrative.

D’autre part, notre élue nous précise qu’aucune réflexion et aucun groupe de travail ne sera entrepris avec les organisations syndicales avant le résultat des élections professionnelles du jeudi  4 décembre 2014.

Lors d’une précédente rencontre avec la responsable des ressources humaines de la Dasco, le 23 septembre dernier,  il nous a été annoncé la création de 940 postes budgétaires sur deux ans, 400  « équivalents temps plein »…Cependant elle nous dit qu’il y aura une majorité de titularisations, c’est en attente d’arbitrages.

Entre temps, nous apprenons qu’un recrutement sans concours visant à pourvoir 250 emplois d’adjoints d’animation et d’action sportive [titularisations en échelle 3] est ouvert, notamment aux contractuels, à partir du 17 novembre 2014. Or la délibération, DRH n°2007-27, stipule que « l’accès sans concours à des emplois de fonctionnaires sera réservé de façon stricte et exclusive à des agents déjà en poste à la Ville ». Au CSAP (Conseil Supérieur des Administrations Parisiennes), il a été acté que la titularisation en échelle 3 était réservé à la déprécarisation des contractuels en interne. Cette note se situe à contrario de la délibération. L’emploi de l’adverbe « notamment » signifierait que ce recrutement pourrait s’adresser à divers candidats extérieurs à la Ville. Pour la CGT Animateurs, le concours en échelle 4 reste la référence d’embauche. Les ASEM ont obtenu la suppression de l’échelle 3 et débute leur carrière en échelle 4. Pour la CGT, c’est une réelle régression pour les personnels d’animation.

Il n’y a aucune décision claire affichée à ce jour dans les annonces faites par la Dasco et la Direction des Ressources Humaines. Lorsque nous voulons des réponses précises à nos questions (Combien de titulaires, combien de contractuels ?), elle se noie dans une terminologie propre à notre administration libérale.

A la CGT des Animateurs, nous revendiquons un REV par école. A cette question, Mme le Maire nous répond qu’elle est consciente de la nécessité d’accroître le nombre d’encadrants. Elle nous parle du statut des DPA, entraînant une confusion sur l’objectif de notre revendication.

La Ville de Paris s’ingénue à mélanger les genres. Le DPA est une fonction. La consolidation de la filière d’animation se fonde sur des cadres d’emplois statutaires avec des missions clairement définies. La mission d’un DPA correspond à une mission de catégorie B.

Notre question sur la reconnaissance des spécificités des animateurs n’appelle aucune réponse de même que nos interrogations sur le plan de formation répondant aux besoins réels du terrain dans le cadre de la réforme. Sur ce dernier point, la Dasco nous invite le jeudi 23 octobre 2014 à une réunion d’information sur cet objet. Nous insisterons sur la nécessité d’un plan de formation ambitieux pour tous qui soit à la mesure des enjeux de la réforme. Nous savons tous que le seul BAFA « ne forme pas à monter un projet pédagogique à l’année, qui  prenne en compte le rythme des enfants en évitant la suractivité ».   Nous sommes partie prenante de l’équipe éducative. Il est temps de renforcer notre statut dans une optique de crédibilité vis-à-vis des différents partenaires.

Une réforme de ce type implique d’énormes moyens que la Ville ne veut pas se donner. Cela éviterait à la Ville de tomber dans le ridicule si ce n’est déjà fait. Les conclusions de l’audit portant sur la première année de l’ARE révélaient un dysfonctionnement majeur que Mme la Maire dit être insoluble : que les temps de l’ARE soient les mêmes sur les quatre jours de manière à asseoir au mieux sa validité et sa pérennité.

La CGT Animateurs, le 29 octobre 2013, avait adressé au Maire de Paris, une lettre recommandée concernant notre position face à l’obligation faite aux animateurs à assurer l’hygiène corporelle des enfants en maternelle. Celle-ci constitue un risque grave et imminent pour la sécurité des enfants et des animateurs (trices) (problèmes d’accusation de pédophilie). Elle relève d’une formation qui n’a rien à voir avec celle de la filière animation. De ce fait cette obligation est illicite puisque non conforme au statut des animateurs.

Dans un premier temps, la Ville de Paris s’est engagée à recruter des personnels susceptibles (AREM) d’assurer cette tâche. Lors de l’audience, notre élue nous a annoncé ne pas vouloir maintenir en poste ces agents, et elle demandait à ce que les animateurs fassent des compromis ( ?). C’est encore une fois de plus un déni porté à notre métier que la Ville s’évertue à ne pas vouloir reconnaître. Nous ne cèderons pas. Dans le respect du statut des animateurs, nous engageons la Ville de Paris à un retour à la licéité.

La CGT Animateurs a toujours revendiqué la reconnaissance institutionnelle de temps de préparation. Celui-ci, dans le cadre de l’ARE, s’avère indispensable. Nous voulons des véritables moments de préparation les mardis et vendredis entre 13h30 et 15 heures, rémunérés. De fait, de nombreux (ses) animateurs (trices) sont sur place et effectuent ce travail de préparation, gratuitement. Tout travail, même hors présence enfants, mérite salaire ou récupération en journées de repos compensateur.

Nous constatons que Mme Alexandra CORDEBART est toujours à l’aise lorsqu’elle s’exprime sur des questions qui s’éloignent du contenu de nos missions, comme par exemple le recrutement  qui se réduit à une embauche à Pôle-Emploi, les outils informatiques à disposition de l’administration, de ses relations avec les différents services de gestion…Mais quand il s’agit de l’essence même du métier, comme par exemple le plan de formation, la reconnaissance des diplômes professionnels, les différents statuts… elle nous oppose un mutisme conventionnel, très prisé de nos politiques.

Les enjeux de la réforme, au regard des textes, sont décisifs pour l’évolution du métier. L’équipe éducative dépend de deux administrations différentes et est appelée à travailler sur des objectifs communs. Nous avons pour mission d’assurer la continuité du service public et sa qualité en partenariat réfléchi avec l’Education Nationale. Les politiques, en l’absence de plan de formation défini, ne peuvent qu’ignorer notre travail,  et nous ne pouvons espérer qu’ils rejoignent notre vision qualitative du métier d’animateur. Ils s’accommodent d’une déqualification pour finir sur une privatisation.

La Ville de Paris continue sans aucun remords à desservir l’animation sous prétexte de nouvelles modalités d’organisation du travail imposée à la société par le système libéral  (la fragmentation du temps de travail, la titularisation en échelle 3, manque de visibilité pour la préparation au concours en échelle 4, absence de plan de formation ambitieux, la vacation, etc.).

Lorsque notre administration consent à parler de professionnalisation, c’est toujours pour la reporter aux calendes grecques, autrement dit elle nous fait prendre des vessies pour des lanternes ou nous fait avaler des couleuvres.

L’institution est la première responsable des dysfonctionnements que l’on rencontre sur le terrain et qui ne cesseront de s’amplifier  si nos exigences évidentes continuent à être ignorées. La situation sur le terrain est suffisamment grave et urgente pour prendre conscience de la nécessité de se mobiliser sur une plateforme revendicative qui consolide la filière d’animation de la catégorie C à la catégorie A. Il y va de la survie du métier.

Un préavis de grève a été déposé pour le mercredi 15 octobre 2014. Suite à une information qui n’a pas été relayée par toutes les CASPE : « Le mercredi matin n’étant pas un temps travaillé par les équipes d’animation… La seule possibilité pour organiser un système de garderie le matin est de faire appel à des agents volontaires qui seront rémunérés pour ce temps supplémentaire ». Les personnels comprendront…

L’appel à la grève le vendredi 14 novembre 2014 est l’occasion pour les personnels d’animation de montrer leur détermination à défendre un métier que l’institution s’ingénie en dépit de la réforme à saboter.

Prenons conscience, avec la CGT Animateurs, que l’enjeu est notre métier et qu’elle repose sur les revendications suivantes :

 

Pour une reconnaissance de notre métier :

  • Un REV par école. (C’est par le concours que les DPA accéderont à la catégorie B pour exercer la fonction de REV.).
  • Titularisations importantes en échelle 4 (Meilleure visibilité et accès aux préparations au concours pour tous).
  • Un plan de formation ambitieux avec des diplômes professionnels (BPJEPS, DEJEPS ou DESJEPS ou DUT).
  • La reconnaissance institutionnelle des temps de préparation.
  • Le refus de l’implantation massive des associations.
  • Le refus des missions d’hygiène corporelle auprès des enfants. Maintien des AREM. 
  • Les normes d’encadrement revues à la baisse : 14 en élémentaire, 10 en maternelle.
  • Une filière professionnelle de la catégorie C à la catégorie A.

 

Pour une revalorisation du régime indemnitaire :

  • Une IAT 2 à 100 euros net minimum.
  • Une revalorisation des primes de RPA à 100 euros net minimum.
  • Une prime d’exercice de mission à 120 euros net minimum.
  • La revalorisation des primes des responsables d’Espace lecture à 100 euros net minimum et leur intégration, au regard du contenu de leurs missions, en catégorie B.
  • La revalorisation des primes des REV.

 

On obtient, dans le domaine des revendications, que ce que l’on est capable d’arracher et rien de plus.

Tous en grève

Le vendredi 14 novembre 2014

Pour un véritable mouvement revendicatif

Compte tenu des nombreux mouvements sociaux, nous n’avons pu obtenir de salle, néanmoins une délégation sera constituée pour rencontrer l’élue, Mme Alexandra CORDEBART.  Vous pouvez nous contacter au numéro habituel : 01 42 76 40 87.

L’ANIMATION EST NOTRE METIER

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Mis en ligne le 22 octobre 2014  |  Dernière mise a jour 6 novembre 2014