Communiqué CGT animateurs

Communiqué CGT animateurs

Contrat Enfance et Jeunesse (CEJ) à Paris

 

 Le conseil de Paris siégeant en décembre 2014 a voté 940 postes budgétaires de contractuels pour le périscolaire dans le cadre du CEJ. Un énième dispositif d’embauche de précaires.

Premier point, la ville n’a entamé aucune négociation avec les organisations syndicales concernant une mesure qui engage le devenir de l’animation et la politique éducative envers les enfants de Paris.

La CGT a appris la décision en consultant les délibérations au conseil de Paris. Qu’en est-il du dialogue social prôné par Anne Hidalgo ?

De quoi s’agit-il ?

Les contrats Enfance et Jeunesse (CEJ) existent depuis juillet 2006. Sur ce dispositif, nous avons des bilans des collectivités. Que disent les élus et les professionnels au sein des Mairies ? (« La Gazette des communes »)

-   « Les CEJ ne financent que les formations de BAFA et BAFD, des diplômes jugés insuffisants pour une professionnalisation de l’animation ».  Frédéric Lubernet, directeur enfance jeunesse et sports à Mouguerre (Pyrénées-atlantiques)

-   Concernant les effets pervers du financement : « les CEJ poussent à la rentabilité car il faut obtenir un bon taux de fréquentation, il faut se battre pour mener à bien des projets » Cyril Dubreuil, directeurs des quartiers au Havre. Pour obtenir des subventions, les villes doivent engager d’interminables discussions comptables qui «  se font au détriment de la qualité d’une politique jeunesse qui ne se calcule pas au nombre d’heures de présence » déplore Charles Fournier à Vendôme.

-   « Les CEJ entraînent un appauvrissement du sens des politiques menées, il n’y a plus de négociations possibles avec la CAF » Philippe Brunel du Havre.

-   « Alors que la CAF prône une égalité de traitement des enfants, les CEJ risquent, au contraire d’entraîner des disparités. Certaines communes vont tout faire pour pouvoir continuer à développer des activités de découvertes, d’ouvertures culturelle et sportive, alors que d’autres se contenteront d’assurer les taux de fréquentation des structures ».  F. Lubernet (Mouguerre)

D’une façon générale, les communes se sentent lésées par les CEJ qui s’inscrivent dans une logique quantitative et regrettent une perte de sens des contrats due à des évaluations peu qualitatives.

Pourquoi Paris a-t-elle passé en force les CEJ en dédaignant toute réflexion et concertation avec les partenaires sociaux ?

Pour les animateurs, ces contrats  vont accentuer les rotations des personnels d’animation auprès des enfants. Proposer des contrats à  25%, 35% et 50% aux jeunes est scandaleux !

La ville de Paris a signé « l’appel de Bobigny : Ensemble, construisons l’avenir pour l’Education, l’enfance et la jeunesse.. » ou  les principaux acteurs de l’Education posent comme objectif prioritaire « la nécessité de s’inscrire dans un processus de formation tout au long de la vie s’appuyant sur une formation initiale solide ». En quoi les CEJ permettront-ils de répondre à ces objectifs et aux besoins des enfants dès lors qu’ils accentuent la précarité des embauches et rendent impossible la mise en place de plan de formation cohérent ?

La CGT animateurs constate chaque jour un peu plus la totale absence de cohérence de la ville de Paris qui empile les dispositifs d’embauche de précaires, sans donner un sens au métier dont la raison d’être est le bien- être des enfants.

Avec la CGT, revendiquons :

-   Un vrai 35H pour les REV. Revalorisation de leurs primes. Des missions centrées autour de l’enfant, l’équipe et les projets. Non à la dérive administrative.

-   A  travail égal, salaire égal. Alignement du régime indemnitaire des DPA sur celui des REV. Formation et préparation au concours pour un accès à la catégorie B. Un REV par école. La fonction de DPA n’est pas un statut. Aucune garantie légale d’intégration directe en Catégorie B n’est possible (seulement un nombre limité de promotions au choix après un concours).

-   Reconnaissance et prise en compte des formations diplômantes et qualifiantes (BEPJEPS, DUT, DEJEPS…)

-   Rémunération ou récupération en JRTT des temps de préparation les jours d’ARE entre 13H30 et 15H00. Aussi pour les BCD/EPL dont la prime doit être revalorisée. Rappel : aucune obligation de rester sur l’école après l’interclasse et avant l’ARE. C’est votre vie privée.

-   Refus des animateurs d’assumer l’hygiène corporelle auprès des enfants en Maternelle. Il faut un référent, l’enfant a besoin de repères, c’est sécurisant et protecteur.

-   Là où il y a des besoins permanents, il faut davantage de titularisations en échelle 4. Les animateurs ne sont pas des variables d’ajustement jetables au bon vouloir de l’employeur, au détriment de l’enfant.

-   Prime d’assiduité pour les animateurs (trices) au même titre que les ASEM

 

L’ANIMATION EST NOTRE METIER

 

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Mis en ligne le 14 mars 2015  |  Dernière mise a jour 14 mars 2015