Situations aggravantes pour le métier

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Le jeudi 29 janvier 2015, suite à notre demande, la CGT Animateurs a été reçue par Mme Alexandra Cordebart.

Le jeudi 5 février 2015, à sa demande, Mme Virginie Darpheuille nous a rencontrés à la Dasco.

Pour ce communiqué, nous avons pris le parti de traiter simultanément les propos tenus lors de ces deux audiences pour la raison suivante, Mme Cordebard, sur de nombreuses questions soulevées, nous renvoyait à l'audience prévue avec Mme Darpheuille.

Nous vous rappelons que lors d'une précédente entrevue, celle du 2 octobre 2014, Mme Cordebard s'était retranchée derrière les élections professionnelles de décembre 2014 pour ne rien nous dévoiler des politiques suivies par la Ville concernant l'avenir de l'Animation dans le cadre de la réforme. La CGT Animateurs est revenue à la charge.

Ces deux audiences avaient pour but de soulever certains problèmes récurrents depuis l'aménagement des rythmes éducatifs, d'aborder le plan de formation dont avait parlé Mme Mathieu avant son départ et d'examiner l'animation, partie non négligeable du dispositif de l'ARE, à la lumière des textes légiférant cette réforme.

En effet, la notion d'équipe éducative implique nécessairement des remaniements conséquents des politiques concernant l'Animation, mises en place par la Ville. A la lumière de ces politiques, cette notion a-t-elle un sens pour la Ville ?

Nous rappelons que quelles que soient les mandatures, dans le passé, nous avons toujours assisté à une dégradation de nos conditions de travail, la logique de recrutement, les modalités d'aménagement du temps de travail et le déni constant porté à l’égard de notre métier en sont en grande partie responsables.

Depuis la mise en place de l'ARE, les situations rencontrées par les agents concernés sont loin d'être sereines, les conditions de travail ou d'« exercice » du métier sont loin d'être acceptables.

La certitude que la Ville se doit de construire une véritable filière d'animation, à laquelle nous adhérons, ne date pas d'hier et nous ne faillirons pas à la réclamer au regard des exigences de la réforme.

Nous soulevons sans cesse la question de la formation adéquate à laquelle devrait concourir la Ville, si sa volonté de professionnaliser ou d'améliorer l'organisation du dispositif de l'ARE n'est pas un vain mot. Nous n'obtenons aucune précision sur les contenus d'une formation qui, selon Mme Cordebard, par le biais de l'ARE, serait une opportunité pour la Ville de relever le niveau de l'animation.

Nous nous étonnons toujours sur l'incohérence, pourtant si évidente, qu'il y a à engager des personnels sur des temps parcellarisés à l’extrême. Comment attirer des personnes qualifiées sur des temps si fragmentés ?

Alors même qu'une équipe éducative ne se constitue que sur la stabilité et l'égalité de statuts.
Jamais, la Ville de Paris n'a pris au sérieux le corps des animateurs et très tôt elle a fait de l'animation un champ de déprécarisation et d'intégration sociale. Nous avons toujours condamné les propos discriminants et parfois puérils tenus par nos élus concernant leur perception de l'animation en insistant sur le fait qu’une construction statutaire dans le secteur de l’animation répondrait à la nécessité des besoins du service public parisien.et serait, certes, favorable aux agents.
Nous l’avions encore rappelé, lors d’une déclaration de la CGT Animateurs faite au Conseil Supérieur des Administrations Parisiennes (CSAP).constatant que notre employeur ne cherchait pas à développer le périscolaire sur des bases professionnelles fondamentales pour l’avenir.

Cette logique de la précarité qui sévit toujours, n'est plus acceptable, elle ne professionnalise en aucun cas le métier qui demande plus que jamais de l'être dans le cadre des nouveaux rythmes éducatifs.
A ce propos, nous rappelons à nos interlocutrices, la présentation du plan de formation exposé, la veille de son départ, par Mme Mathieu, ex-directrice des affaires scolaires.

Ce plan de formation nous paraissait intéressant à plusieurs points de vue. Ce projet touchait l'ensemble des corps de l'animation et était un premier pas solide vers la professionnalisation. Il ouvrait au certificat de qualification professionnelle (CQP) d'animateur périscolaire développé par la branche de l'animation et reconnu par le ministère. Il constituait une première étape vers le diplôme de niveau IV, le BPJEPS, puisqu'il octroie l'équivalence BAFA et 2 unités capitalisables du BPJEPS. Il nous semblait fiable et viable comme première étape. Le BAFA « ne forme pas à monter un projet pédagogique à l’année, qui prenne en compte le rythme des enfants   en évitant la suractivité et le BAFD ne prépare pas à la gestion des temps d’activités périscolaires lorsque ceux-ci imposent un partenariat directe avec l’Education Nationale.
Mme Cordebard nous apprend qu'il a été écarté et que d'autres pistes sont envisageables. Est-ce l'ampleur de la tâche qui effraie la Ville, former des cohortes de vacataires ou de contractuel(le)s ou bien a-t-elle peur de nouveaux échecs possibles comme cela s'est vu pour les concours en échelle 4, qui doit rester, malgré tout, la référence d'embauche. Que la Ville se pourvoit d’un dispositif solide de préparation aux concours pour les agents !
Nous rappelons qu'au CSAP, a été actée la décision suivante, la titularisation en échelle 3 est réservée à la déprécarisation des contractuels en interne.

Mme Darpheuille nous répond qu'un article de délibération (2013) rend la chose possible. Nous comprenons mieux l'affiche placardée avec l'espoir d'une "rémunération mensuelle nette de l'ordre de 1500 euros" ! Nous n'avons participé à aucune discussion ni n'avons été informé. Si cela s'avère le cas, nous pensons qu'il s'agit, là, d'une déqualification supplémentaire du métier, loin de la professionnalisation qu'exigent les textes de la réforme.

L'articulation entre le projet pédagogique des animateurs, le projet d'école des enseignants et le projet éducatif territorial suppose de s'engager dans des formations adéquates, visant la totalité des diplômes professionnels, assurant une véritable évolution de carrière, un des critères non négligeable de l'assise d'un métier. C'est ainsi que la Ville fidélisera les agents en développant les compétences nécessaires et incontournables à la pérennisation de l'ARE et en construisant le métier.
Elle doit anticiper sur les réels besoins d'un service offrant une animation de qualité fondée sur un projet partagé par l'ensemble de l'équipe éducative.

Notre employeur ne peut plus se satisfaire d'un manque de qualification professionnelle face aux enjeux de la réforme. "Le projet éducatif de territoire répond à une logique de coéducation, qui est productrice de lien social". Nous sommes bien d'accord. Pour ce faire, la CGT Animateurs insiste sur l'importance de la formation comme elle l'a toujours fait. Nous sommes conscients du fait que la possibilité offerte aux collectivités d'anticiper la formation d'animateurs professionnels ne se fera pas sans étape comme nous le précise Mme Darpheuille et que cela représente un coût. Les contraintes financières représentent pour Mme Darpheuille un aspect non négligeable de l'équation filière animation.
Pour nous, il s'agit de l'amélioration et de la pérennisation du dispositif ARE, dans de bonnes conditions de travail et à la hauteur des exigences pédagogiques de la réforme, qui sont les priorités.
Les deux priorités que s'accordent Mme Darpheuille, dans un premier temps, sont l'harmonisation du fonctionnement des CASPE et le traitement de l'information donnée aux circonscriptions en direction des agents. Cela semble être un leitmotiv pour tous les mandataires, qui se suivent, en charge de la Direction des Affaires scolaires. A quoi ont servi les mandatures précédentes? Il serait temps que notre direction nous donne des réponses qui correspondent aux exigences du terrain dans "un souci de cohérence, de qualité et de continuité".

La Ville de Paris ne s'assigne aucun objectif sinon celui de donner l'illusion d'une réussite sans entamer une réflexion profonde sur la notion d'équipe éducative et ses missions pédagogiques auprès des enfants en partenariat direct avec l'équipe enseignante.

La réforme des rythmes éducatifs nécessite une réflexion "stimulante" sur notre profession en termes de contenus pédagogiques, de statuts, de logistique. La Ville doit se pencher sur l'élaboration d'un référentiel éducatif partagé que suppose la notion d'équipe éducative assurant un engagement collectif des partenaires. Nous ne tombons pas dans la présomption lorsque nous nous définissons comme le partenaire principal de l'Education Nationale. Nous ne pouvons continuer d'accepter d'être le bouc émissaire idéal de tous les dysfonctionnements inhérents au manque d'ambition de la Ville à construire un métier véritable.

Sans véritable cadre professionnel, les animateurs ne seront jamais « reconnus comme des acteurs à part entière de la réforme ». Nous ne pouvons faire l'impasse de « la nécessité de structurer une vraie filière de l'animation avec pour chacun des perspectives de carrière (nous préférons le terme évolution de carrière). »
« Affirmer l’identité et l’ambition du projet éducatif parisien », est-ce continuer à ne pas reconnaître les diplômes d’Etat, dans le cadre d’un plan de formation, qui permettent d’exercer le métier dans l’animation (Les DESJEPS,  BEPJEPS, BAPAAT, diplômes professionnels délivrés par le ministère de la jeunesse, de l’éducation populaire et des sports ; les DUT, DEUST, diplômes délivrés par le ministère de l’Education Nationale.)

Une de nos revendications à laquelle devrait souscrire la Ville est celle de la nomination d’un REV par école, à l’instar des directeurs d’école. Cela s’impose par la notion même d’équipe éducative. La CGT Animateurs ne peut entériner la fonction de DPA et refuse catégoriquement, comme elle l'a fait dans le passé pour les REV, l'intégration de ce dernier dans un emploi fonctionnel C+. Les missions de coordination du DPA correspondent à un poste d'encadrement intermédiaire ce qui détermine son intégration dans la catégorie B, par voie de concours. Il n'y a pas d'évolution statutaire ailleurs que dans le cadre de la catégorie B de la filière animation. La nomination d'un REV par école reste "la solution indispensable si... [la Ville de Paris veut]...pérenniser le dispositif et permettre aux personnels de travailler dans de meilleurs conditions" et en ligne directe avec les exigences du décret. Les situations de blocage et d'incertitude ne sont que les conséquences de la démagogie électoraliste de la Ville. A ne jamais entrevoir l'ampleur des dispositifs, à ne jamais se donner les moyens d'une mise en œuvre pour obtenir des résultats probants, à ne jamais asseoir de manière durable ces dispositifs de façon à donner une orientation précise à ce dans quoi elle s'engage, en l'occurrence l'ARE, elle ne crée que des situations bancales qui ne permettent pas aux personnels d'exercer leur missions en toute sérénité.

La CGT Animateurs préconise, pour certains personnels (animateurs de centres ressources, responsables d'Espace-Lecture), une intégration dans la catégorie B au regard de la nature de leurs missions qui sont des missions de coordination et de mise en œuvre d'ateliers d'animation spécifiques. Les bibliothèques-centres de documentation et les centres ressources peuvent être perçus comme des pôles primordiaux dans l'élaboration et le suivi de projets partagés dans le cadre d'un ARE bien pensé, c’est-à-dire en utilisant toutes les ressources partenariales. Déjà, en 2010, Mme Mathieu en avait esquissé le tableau, lors d’une réunion concernant le dispositif d’Espace-Lecture. Depuis, comme vous pouvez le constater avec l’ARE, cette esquisse est devenue dessin, très éloigné malgré tout, du chef d’œuvre.

Il faut diversifier les profils de postes à l'intérieur de la catégorie B, ils entretiennent l'émulation. C'est une condition indispensable à la construction d'un vrai métier et à la qualité du service public.

"Le péri et l'extrascolaire sont à même de promouvoir une richesse indubitable à la question éducative. L'institution doit s'en donner les moyens, à la hauteur de la réforme".  Où bien ! Nous serions à même de nous poser sérieusement la question sur l’objectif caché de cette réforme.

La polémique qui s’était engagée à propos des « personnels concernés », susceptibles d’assurer l’hygiène corporelle des enfants, n’a pas lieu d’être. Une bonne fois pour toute, que notre administration entende notre position sur le sujet : les animateurs ne changeront pas les enfants. Nous renvoyons à la lettre, datée du 29 octobre 2013 et adressée à l’ancien Maire de Paris. Tout y est dit !

Combien de temps encore va-t-il falloir à notre administration pour ouvrir les yeux sur la nécessité d’un dispositif de qualité et de grande ampleur si l’on veut le pérenniser qualitativement. Sinon, l’aboutissement du projet et les efforts consentis par les équipes d’animation serons vains. Les animateurs ne peuvent et ne doivent pas se satisfaire des sempiternels propos flatteurs tenus par les directrices des affaires scolaires à leur intronisation. Le dernier en date : « Je sais combien vous vous êtes investis collectivement pour assurer la réussite de la réforme des rythmes éducatifs qui vous a fortement mobilisés ».
La CGT Animateurs aimerait une orientation plus concrète vers une consolidation de la filière. A ce jour, il n’existe pas de vision éducative partagée entre les principaux partenaires. L’importance d’une vision éducative échappe-telle à l’administration ou bien croit-elle que la seule poursuite  « du chantier de modernisation de la direction » suffira par une opération magique à asseoir le dispositif.

Rien n'est réellement sorti durant ses deux entretiens. Rien ne nous encourage à croire en la volonté de la Ville à professionnaliser l'animation en lui offrant une assise solide conférant une stabilité assurée favorisant une évolution de carrière pour tous les agents, une évolution de carrière se différenciant de la simple prise en charge d'une fonction. Nous ne voyons là que la marque d'absence de cohérence dans les politiques municipales.

La CGT Animateurs demande à ce que s'engagent des négociations sérieuses suivant un calendrier serré. Les enjeux de la réforme, au regard des textes, sont décisifs pour l'évolution de notre métier. L'équipe éducative dépend de deux administrations différentes et est appelée à travailler sur des objectifs communs. Nous avons pour mission la continuité du service public et sa qualité en partenariat réfléchi avec l'Education Nationale. Les politiques mises en place en l'absence de plan de formation défini, avec des fragmentations incohérentes du temps de travail des animateurs, entraînant une dérive administrative que l'on sait, continuent à ignorer notre travail. nous doutons fermement que l'administration rejoignent notre vision qualitative de l'animation et du métier de l'animateur. Elle s'accommode d'une déqualification sans cesse croissante du métier.

Des luttes s'annoncent donc ! Les barrages que la Ville accumule contre notre vision de l'animation, particulièrement dans le cadre de l'ARE, en seront l'origine et le départ. Elle connaît nos revendications qui souscrivent à l'amélioration et à la pérennisation d'un ARE de qualité. Si mouvement il y a, il doit être massif, de grande ampleur. Que tous ceux qui veulent faire de l'animation un métier, que vous soyez vacataires, contractuel(le)s, titulaires, que vous exerciez comme animateur quel que soit votre spécificité, RPA, DPA, REV, RAE adjoint...renforcez votre détermination à défendre un métier plutôt qu'un emploi et maintenir une pression unitaire. Nous ne pouvons plus frapper dans le détail, d'aménagement en aménagement. Nous pouvons nous questionner, la Ville de Paris a-t-elle une vision globale de ce que peut être l'animation ? Montrons-lui que nous savons ce que nous voulons !

La CGT Animateurs continue le combat pour la construction

effective du métier de l'animation.

La mobilisation des personnels dans son ensemble est la seule

solution pour changer les choses.

Un mouvement fort est nécessaire pour contrecarrer l'impact du

faible taux de participation aux élections professionnelles.
 

L’ANIMATION EST NOTRE METIER

 

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Mis en ligne le 16 mars 2015  |  Dernière mise a jour 16 mars 2015