La CGT Animateurs refuse toute cartographie imposée par la Ville de Paris

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La CGT Animateurs refuse toute cartographie 

imposée par la Ville de Paris

remettant en cause l'existence de la filière d'animation

     Dans la filière d'animation comme dans toutes les autres, chaque fonctionnaire appartient à un corps ou à un cadre d'emplois classé en catégorie A, B et C. Dans ce corps ou ce cadre d'emplois, il est titulaire d'un grade. Chaque cadre d'emplois donne accès à des fonctions et des missions spécifiques.

     Comme la CGT animateurs l’a toujours revendiqué, la Ville de Paris en imposant la réforme des rythmes scolaires a créé une catégorie B avec un cadre d'emploi, le responsable éducatif ville (REV). Elle a aussi "inventé" une fonction hybride de directeur de point d'accueil (DPA) pour pallier au refus de placer un REV par point d'accueil.

     Lors d'une réunion avec la Dasco, il nous est fait part d'un projet dit de "cartographie" (école en REP, réseau d’éducation prioritaire, école polyvalente, école de plus de 190 enfants à l’ARE) qui a pour objectif la mobilité future des REV sur leur circonscription dans un premier temps et sur des circonscriptions différentes dans un deuxième temps, suivant les besoins ressentis par notre administration, qui sont loin de répondre à un souci qualitatif de notre travail et aux objectifs affichés de la réforme. Déstructurant les équipes…

     En effet, la Ville de Paris s'est toujours contentée d'organiser le fonctionnement du péri et extrascolaire sans prendre en compte l'investissement et l'implication des équipes sur le terrain, qui ont permis la réussite de l'aménagement des rythmes scolaires.

     Depuis deux ans, ces équipes ont su créer des relations de confiance entre les différents partenaires que sont les directeurs d'écoles, les équipes enseignantes et les familles en organisant l'ARE au profit de tous, enfants compris.

     La Ville est prompte à effacer et à balayer ce professionnalisme qui est loin d'être rémunéré à la hauteur des compétences acquises par ces équipes.
     Les fiches de poste sont des documents définissant les caractéristiques des tâches devant être effectuées par les agents dans leur situation de travail. Nous constatons que la fiche de poste établissant les tâches du REV et celle du DPA sont similaires.

     Il y a, là, une incohérence totale qui tend à être une constante dès que la Ville nous soumet des propositions de transformations structurelles de ses services.
     Les DPA, eux-mêmes, revendiquent logiquement la catégorie B de terrain, par voie de concours, au regard de leurs missions et quelles que soient leurs affectations, avec de véritables préparations à la clé.

     Au-delà de son habituel refus de reconnaître les métiers de l'animation, elle affiche un déni supplémentaire du travail effectué sur le terrain et un mépris pour les agents en présentant ce projet scandaleux qui vise à affaiblir radicalement la filière d'animation qu'elle avait amorcée en 2013.

     La CGT Animateurs ne rentrera pas dans cette logique purement comptable, qui nous réduit à n'être que des variables d'ajustement quelles que soient nos fonctions respectives.

     Notre administration, une fois de plus, exprime une volonté de régression évidente niant de fait toute tentative de consolidation de la filière.

     C'est à notre institution qu'échoit la mise en place d'un dispositif de formations et préparations aux concours pour les DPA, réclamé depuis le début par la CGT Animateurs, visant à leur intégration dans la catégorie B en qualité de REV.

     La CGT Animateurs ne peut accepter cette proposition de "cartographie" qui implique une direction à deux "visages". Elle n'est qu'arbitraire et incohérente, et engendrera plus de problèmes qu'illusoirement elle n'en solutionnera. Que la direction des affaires scolaires et les élu(e)s prennent leurs responsabilités en stabilisant une fois pour toutes les équipes d'animation dans chaque école.

     Pour satisfaire la consolidation de la filière d'animation et l'intégration concrète des animateurs dans l'équipe éducative, il n'y a pas à "tourner autour du pot", il est urgent d'entrevoir :

  • La nomination d'un REV par école.
  • La reconnaissance des diplômes d'Etat et des propositions de formation à ces mêmes diplômes.
  • La mise en place d'un dispositif solide, pour tous, à la préparation aux concours d'accès en catégorie B (DPA, RPA, Animateurs lecture…).
  • La création, dans la catégorie B de terrain, de cadres d’emplois autres que celui de REV.

     La CGT Animateurs a toujours par le passé défendu la catégorie B de terrain. Rappelez-vous, lors de la première entrevue, concernant le statut du « coordinateur de terrain » (futur REV) en vue de l'ARE, nous avions quitté la table des négociations refusant de cautionner le grade fonctionnel C+ pour ce dernier. Nous affirmions, envers et contre tous, que seule la nomination en catégorie B était acceptable pour ce poste au regard de ses missions.

     Mais la Ville de Paris a fini par la concéder, à contre cœur certes. Il ne faut pas que cela se reproduise concernant l'avenir des DPA. A tâches égales, statut égal.

     La CGT Animateurs s'opposera toujours au choix de certains qui laisse entendre qu'un grade fonctionnel de type C+ serait satisfaisant et pourrait être une finalité pour éteindre les feux de la colère et aménager la "paix sociale".

     C'est la catégorie B que nous revendiquons. Nous nous opposons aussi à ceux qui font espérer une intégration directe à la catégorie B pour les DPA. Juridiquement, c'est impossible. Nous ne sommes plus à la création nouvelle d'un corps de métier. Il existe déjà et son accession ne peut se légitimer que par voie de concours ou passage au choix.

     Il est actuellement évident que la charge de travail des DPA implique une revalorisation de leur régime indemnitaire - à travail égal, salaire égal. Mais ce ne peut être qu’une étape transitoire vers la mise en place d’un examen professionnel, accompagné d’une formation solide vers la catégorie B.

     De même, les bécédistes, epélistes, animateurs centres de ressources centraux et locaux pourraient profiter de la mise en place d’examens professionnels pour accéder à la catégorie B (créateurs de projets). Ce que la CGT a toujours revendiqué pour ce type de personnels accomplissant des missions éducatives particulièrement importantes auprès des enfants.

     Pour la CGT Animateurs il n'y a aucune cartographie acceptable. Si on parle d'équipe éducative, donnons-lui une réelle existence : un REV et une équipe stable par école.
     Nous demandons donc sa suppression pure et simple.

     On le voit, il n'est que plus urgent d'être conscient des enjeux de la réforme en souscrivant à nos revendications qui, seules, prennent acte de la nécessité d'une consolidation de la filière. Assez de replâtrage systématique.
     L’illusion qu’entretient notre administration, à savoir qu’une plus petite structure ne nécessite pas la présence d’un responsable éducatif ville, est une manière abusive de pérenniser la fonction de DPA.
     Statutairement, le DPA doit évoluer vers la catégorie B.

     Défendre vos intérêts quels que soient votre statut et vos fonctions, c'est faire confiance à la CGT Animateurs et la soutenir dans sa volonté de consolidation de la filière d'animation et de reconnaissance des métiers propre à cette filière.

     A la CGT Animateurs, nous sommes plus que jamais convaincus que seule la lutte syndicale permettra de satisfaire les revendications de tous les personnels d’animation. Nous ne devons rien attendre d’un processus de cogestion avec la Ville de Paris.

     Si un mouvement revendicatif doit émerger, nous entendons créer les conditions d’unité syndicale sur la base de revendications qui consolideront notre statut dans la filière d’animation.

     La Ville de Paris a une réflexion inaboutie sur notre métier. Le professionnalisme de chacun doit être une voie pour préparer une action future dans la perspective d’obtenir :

  • Une véritable filière d’animation
  • Un véritable dispositif de formations adapté à l’évolution du métier
  • Une valorisation du régime indemnitaire pour tous
  • Augmentation substantielle des primes existantes
  • Des créations de postes à temps plein (titulaires et contractuels)
  • Un respect des qualifications propre à notre filière

     La CGT Animateurs, durant les Centres de loisirs d’été, vous rencontrera pour recueillir vos réflexions sur la situation préoccupante de l’animation.

     Vous, seuls, déciderez des exigences du métier pour l’avenir dans une perspective de qualité.

 

L’ANIMATION EST NOTRE METIER

 

Mis en ligne le 8 juin 2015  |  Dernière mise a jour 29 juin 2015